Les coulisses d'une carrière en recherche
Marco Delbo, chercheur au Laboratoire J-L Lagrange étudie les planétésimaux, ces corps primitifs formés par la coalescence de grains de poussière.
Qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers votre domaine de recherche ?
« La passion pour l’astronomie et pour la physique. »
Y a-t-il eu un moment particulier dans votre vie où vous avez su que vous vouliez devenir chercheur ?
« J’ai toujours aimé l’astronomie et la physique ; j’ai toujours espéré pourvoir travailler avec les télescopes et étudier le cosmos, mais devenir chercheur je ne le vois pas comme un but, donc la réponse est non. »
En quoi votre recherche a-t-elle des implications pratiques ou des applications dans le monde réel ?
« Les missions spatiales. »
Ses inspirations
Discuter avec mon épouse, Chrysa Avdellidou, qui est aussi une collègue
Mon père qui est un génie mécanique. »
« Expliquer des concepts à des non-experts me permet de mieux comprendre les concepts eux-mêmes. »
Que diriez-vous à un collègue pour le convaincre de se lancer dans la médiation scientifique ?
« C'est très impressionnant de voir des gens prendre plaisir à comprendre ce que nous faisons dans la recherche et nos découvertes sur le fonctionnement de l'univers. »
Récits de Chercheurs
Partager vos recherches avec les scolaires est-il un moyen efficace pour leur donner envie de s'intéresser aux sciences et pourquoi pas de s’orienter vers les sciences ?
« Oui, bien sûr. J’ai fait des interventions à tous niveaux, même en maternelle. Les petits adorent explorer les objets du système solaire car ils peuvent aussi les repérer facilement dans le ciel. »
Pensez-vous que les décideurs politiques pourraient davantage échanger avec les chercheuses et les chercheurs pour prendre certaines décisions ?
« Oui ! La recherche fondamentale en sciences naturelles nous enseigne comment fonctionne la nature et comment les décisions politiques influencent la nature ; par conséquent, toutes les décisions politiques devraient prendre en compte les sciences naturelles. »
L'objet de Marco Delbo
Pour sortir des sentiers battus, nous avons demandé à ce chercheur de choisir un objet emblématique de ses études.
Le résultat ? Un télescope !
« Je le sélectionne car il me permet de voir loin. C'est l'instrument qui a changé la taille du tout plusieurs fois (e.g. avec Galileo, Hubble). C’est aussi beau comme concept, l’apothéose de l’exactitude optique, mécanique et électronique dans un seul objet. »
Découvrez le projet ORIGINS !
Les coulisses d'une carrière en recherche
Éric Gilson, chercheur Inserm à l'Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement (Ircan), étudie le vieillissement. pour mieux comprendre ses mécanismes et développer des traitements contre les maladies liées à l'âge, il s'intéresse aux télomeres, les extrémités protectrices des chromosomes.
Qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers votre domaine de recherche ?
« L’amour de la biologie, du vivant et de la nature. »
Y a-t-il eu un moment particulier dans votre vie où vous avez su que vous vouliez devenir chercheur ?
« En terminal, quand notre enseignante nous a fait comprendre qu’on pouvait expliquer le vivant par la chimie. »
Ses inspirations
« Répondre à des questions difficiles par des approches expérimentales simples. »
En quoi votre recherche a-t-elle des implications pratiques ou des applications dans le monde réel ?
« En comprenant les parcours du vieillissement chez l’homme mais aussi chez les animaux, on peut proposer des interventions personnalisées qui favorisent le vieillissement en bonne santé et la résilience des populations sauvages face aux conséquences des changements globaux. »
Récits de Chercheurs
Que vous apporte de parler de vos recherches au grand public ?
« Partager un savoir en élaboration. Expliquer les limites de nos connaissances. »
Que diriez-vous à un collègue pour le convaincre de se lancer dans la médiation scientifique ?
« Il y a un enrichissement réciproque à aborder une question scientifique via une approche non conventionnelle. »
Partager vos recherches avec les scolaires est-il un moyen efficace pour leur donner envie de s'intéresser aux sciences et pourquoi pas de s’orienter vers les sciences ?
« J’en suis persuadé. La science se nourrit de parcours et de démarches non linéaires. »
« Lorsque je présentais nos travaux sur les télomères dans un stand UniCa lors du championnat mondial d’Apnée (Aida) j’ai rencontré une non-scientifique co-responsable d’une fondation en Indonésie avec qui nous avons tisser un partenariat sur l’état de santé des coraux. »
Pensez-vous que les décideurs politiques pourraient davantage échanger avec les chercheuses et les chercheurs pour prendre certaines décisions ?
« C’est probablement plus compliqué directement. On peut viser un effet de masse qui oriente les choix politiques d’un territoire ou d’un pays. »
L'objet d'Éric Gilson
Pour sortir des sentiers battus, nous avons demandé à ce chercheur de choisir un objet emblématique de ses études.
Le résultat ? La maquette d'un bateau
« La maquette du bateau de Thésée illustre le vieillissement cellulaire. Si on change toutes les planches d'un bateau, est-ce toujours le même bateau ? De même, si on remplace nos cellules vieillissantes, sommes-nous toujours la même personne ? »
Découvrez le projet TELOPOST !
Les coulisses d'une carrière en recherche
Massimo Guidici est chercheur CNRS à l'Institut de Physique de Nice (Inphyni). Son domaine de recherche, la "photonique multimode" est un sujet novateur dédiée à la génération et au contrôle d'états lumineux complexes pour des applications telles que le traitement de l'information, l'informatique photonique, la détection et l'imagerie.
Qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers votre domaine de recherche ?
« J’ai été fasciné par le laser, cette source de lumière capable d’émettre un faisceau très directionnel et ayant des multiples applications. En particulier j’ai été fasciné par les lecteurs de CD que, pendant ma jeunesse, devenaient populaires. »
Y a-t-il eu un moment particulier dans votre vie où vous avez su que vous vouliez devenir chercheur ?
« Depuis mon jeune âge j’ai été toujours fasciné par les sciences et par la démarche intellectuelle utilisée dans la recherche expérimentale. L’intérêt pour l’optique s’est précisé lors de mes études universitaires. »
Ses inspirations
« J’aime le travail d’expérimentateur, concevoir et réaliser des manipulations pour forcer un système physique à nous donner des réponses sur son comportement ou pour implémenter des fonctionnalités. »
Récits de Chercheurs
En quoi votre recherche a-t-elle des implications pratiques ou des applications dans le monde réel ?
« La possibilité de générer et de contrôler spatio temporellement un faisceau laser ouvre la voie à des applications pour le traitement de l’information, le calcul photonique, l’imagerie et la détection Lidar. »
Que vous apporte de parler de vos recherches au grand public ?
« Ce n’est pas évident pour moi de réussir à expliquer mes recherches en termes simples accessibles aux non-initiés. L’effort que je dois produire pour réussir dans cet exercice m’oblige à regarder mes recherches sous un angle nouveau, ce qui améliore ma compréhension des problèmes. »
Pensez-vous que les décideurs politiques pourraient davantage échanger avec les chercheuses et les chercheurs pour prendre certaines décisions ?
« Ah oui, aujourd’hui il y a un vrai décalage entre la science et les gens, une méfiance généralisée. Des faits établis scientifiquement sont remis en question à des fins politiques (dérèglement climatique, théorie de l’évolution, découvertes en camp médical et beaucoup d’autres). Tout ça est extrêmement dangereux pour nos sociétés démocratiques.
L’impact sociétal d’un certain type de recherche scientifique prends forme sur plusieurs années, on n’est pas sur du court terme.... Cela n’est pas toujours clair aux décideurs, d’où l’intérêt d’un éclairage de la part des scientifiques sur l’intérêt de ce type de recherche. »
L'objet de Massimo Guidici
Pour sortir des sentiers battus, nous avons demandé à ce chercheur de choisir un objet emblématique de ses études.
Le résultat ? Un viseur infrarouge pour voir les faisceaux laser invisible à l’œil nu.
« Pour mes recherches sur la photonique multimode, j'utilise un viseur infrarouge pour visualiser les faisceaux laser invisibles à l'œil nu. Dans notre projet Blason, nous explorons l'utilisation de structures lumineuses spéciales appelées « solitons dissipatifs ». Ces entités peuvent être activées et désactivées individuellement et se manifestent sous forme de pics lumineux dans les lasers. Ces « balles de lumière » peuvent être utilisées pour structurer les faisceaux laser ou pour le traitement de l'information. »
Découvrez le projet BLASON !
Les coulisses d'une carrière en recherche
Cécile Guieu, spécialiste en biogéochimie marine et directrice de de recherches CNRS au laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer . Accompagnée d'une équipe internationale de 29 chercheurs, elle a sillonné le Pacifique, entre Nouméa et l'Arc Volcanique des Tonga pour étudier l'impact des volcans sous-marins peu profonds sur la vie marine.
Qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers votre domaine de recherche ?
« Avec des parents naturalistes (un père professeur de Géologie et une mère professeure de SVT), j’ai toujours été stimulée lors de nos balades régulières dans la nature, souvent sur le littoral méditerranéen à comprendre ce qui m’entoure : comment s’est formé un paysage, pourquoi cette fleur ou cet insecte vit-il ici.
Je savais donc que je ferai un métier portant sur l’environnement. L’océan, un domaine qui me fascinait par son immensité et son mystère est arrivé logiquement quand j’ai démarré mes études universitaires. »
Y a-t-il eu un moment particulier dans votre vie où vous avez su que vous vouliez devenir chercheur ?
« C’est arrivé de façon évidente pendant mon stage de DEA (aujourd’hui M2), la démarche scientifique pour répondre à une question s’est révélée un processus passionnant, en particulier le fait qu’il existe plusieurs façons de traiter une question et que cette liberté incombe à la personne qui est en charge de le faire. »
Ses inspirations
« Clairement le moteur est de faire avancer la connaissance, comprendre « comment ça marche », même modestement,. Je suis fascinée par la découverte, ce moment où on met en évidence quelque chose qu’on ne connaissait pas, ou qu’on n’était pas capable de quantifier avant. Une découverte amène alors une nouvelle question qui va me demander à nouveau d’apprendre sur un domaine que je ne connais pas, de collaborer avec d’autres spécialistes pour faire avancer la connaissance ensemble.»
En quoi votre recherche a-t-elle des implications pratiques ou des applications dans le monde réel ?
« Je fais de la recherche fondamentale, qui peut apparaitre comme éloigné d’applications directes dans le monde réel. Pourtant, cette recherche est absolument nécessaire pour faire avancer la connaissance. En particulier, mes travaux contribuent à mieux comprendre le cycle du carbone, en quantifiant et en paramétrant certains processus dans les conditions climatiques actuelles et futures. »
Récits de Chercheurs
Que vous apporte de parler de vos recherches au grand public ?
« Les sciences portant sur la connaissance et la compréhension de la machine océan sont peu connues du grand public, seuls quelques sujets sont médiatisés.
En premier lieu, c’est donc faire comprendre à quel point la connaissance de cet immense domaine est primordiale pour comprendre la trajectoire du climat. Je tente de faire réaliser aux non spécialistes qu’on doit s’intéresser aux organismes photosynthétiques qui peuplent l’océan tout comme on s’intéresse aux forêts terrestres.
Au-delà de sensibiliser à l’importance de la science fondamentale (la Connaissance), il est également important pour moi de parler des différentes facettes de mon métier.
En tant que femme, pour montrer en particulier au jeune public qu’une carrière de chercheuse avec d’importantes responsabilités est possible que ce soit au laboratoire ou lors des expéditions en mer à bord des navires océanographiques. Les échanges que je peux avoir sont extrêmement enrichissants, que ce soit avec des enfants très jeunes ou du public plus âgé, percevoir l’intérêt du public et au-delà que cela peut susciter des vocations, est très satisfaisant. »
Que diriez-vous à un collègue pour le convaincre de se lancer dans la médiation scientifique ?
« Je lui dirai que c’est très enrichissant car les retours, les échanges sont formidables. C’est aussi notre devoir de le faire, en particulier pour l’océanographie et le climat qui ne sont pas vraiment enseignés à nos jeunes, et que nous avons un vrai rôle à jouer pour qu’une vraie prise de conscience de la société et des politiques sur les enjeux actuels se fasse au plus vite."
Auriez-vous une anecdote à partager en lien avec votre expérience en médiation scientifique ?
« J’aime parler de mon métier de chercheur mais également de tous les métiers en appui à la recherche qui sont moins connus et pourtant si nécessaires à l’accomplissement de nos recherches. Au cours d’un échange avec plusieurs classes de ‘section d'enseignement général et professionnel adapté’ dans un collège, ces élèves dits « en difficultés » me demandait quelles études j’avais fait pour être chercheur, se disant de fait qu’ils en seraient exclus. Après leur avoir répondu, j’ai enchainé en parlant de tous les autres métiers qui ne nécessitent pas autant d’années d’études. Ils ignoraient ces possibilités et plusieurs ont semblé se projeter alors dans une réalité qui leur a fait envisager leur futur autrement, et voir ces quelques sourires m’a fait chaud au cœur. »
Partager vos recherches avec les scolaires est-il un moyen efficace pour leur donner envie de s'intéresser aux sciences et pourquoi pas s'orienter vers les sciences ?
« Bien sûr que c’est le cas, à chaque fois, en fin de séance, quelques élèves me disent : je veux faire le même métier que vous! Par contre, il est dommage que cela ne soit pas enseigné de façon systématique. Même si nous sommes de plus en plus nombreux à faire de la médiation, cela reste une part marginale de l‘enseignement basé sur le volontariat des enseignants et non sur les programmes. »
Pensez-vous que les décideurs politiques pourraient davantage échanger avec les chercheuses et les chercheurs pour prendre certaines décisions ?
« Oui, on pourrait échanger plus, mais malgré le fait que beaucoup d’initiatives se mettent en place, cela ne change malheureusement pas les positions/décisions de la plupart des politiques qui ne prennent toujours pas la mesure de la gravité de la situation (climat, biodiversité) qui nécessite des décisions de grande ampleur, au niveau international. »
L'objet de Cécile Guieu
Le résultat ? Une roche !
« C’est une roche remontée dans un échantillon de sédiment collecté à presque 5 km de profondeur pendant l’expédition TONGA. Elle représente à la fois l’inconnu que représente l’essentiel de l’océan et donc ce qu’il reste à parcourir pour comprendre la machine Océan. Elle représente aussi le lien entre ce qu’on appelle la Terre Solide et l’immense masse d’eau qui se trouve au-dessus du plancher océanique : elle symbolise donc ce lien que nous cherchons à établir entre la terre et la vie dans l’océan.
Enfin, c’est aussi un symbole de ce qui se trouve au fond de l’océan, à un moment de l’humanité où l’homme cherche malheureusement à aller explorer/exploiter les ressources du fond des océans en se préoccupant si peu de ce que cela implique en termes d’impacts notamment sur la biodiversité. »
Découvrez le projet TONGA!
Les coulisses d'une carrière en recherche
Hélène Guizouarn, chercheuse au CNRS, explore le couplage entre les canaux ioniques PIEZO1 et KCNN4 dans les globules rouges, lié à la stomatocytose héréditaire déshydratée. Son objectif est de comprendre ces mécanismes pour développer des traitements potentiels contre cette forme d'anémie hémolytique.
Qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers votre domaine de recherche ?
« J’ai choisi de faire de la biologie par goût mais c’est le hasard des rencontres qui m’a conduit à travailler sur la perméabilité des membranes cellulaires.
Initialement je voulais travailler dans l’océanographie, j’en ai été dissuadée par une discussion avec un chercheur de l’université de Nice lors d’une journée porte ouverte.
Déjà à l’époque, début des années 80, il déplorait l’absence de débouché pour les étudiants formés dans ce domaine !
J’aimais la chimie et la biologie, j’ai suivi une formation de biochimie et je suis allée faire mon DEA puis mon doctorat dans un laboratoire qui travaillait sur les protéines de transport dans les membranes cellulaires.
Mon choix était motivé surtout par les personnes avec qui je travaillerai et les moyens dont disposait le laboratoire. Je n’ai pas été déçue par ce sujet de recherche qui, tout en étudiant à l’échelle moléculaire les phénomènes biologiques, permet d’aborder la physiologie. »
Y a-t-il eu un moment particulier dans votre vie où vous avez su que vous vouliez devenir chercheur ?
« Lorsqu’en me promenant enfant, j’ai vu l’intérieur d’un laboratoire à travers les fenêtres d’une station marine. Les paillasses, les instruments, la verrerie, immédiatement je me suis dit que c’est dans cet univers que je voulais travailler plus tard, en lien avec la mer. Je travaille dans un laboratoire de recherche mais la mer n’en a pas fait partie… »
En quoi votre recherche a-t-elle des implications pratiques ou des applications dans le monde réel ?
« Je cherche à établir des liens entre divers résultats expérimentaux pour construire une connaissance scientifique. L’utilisation de cette connaissance à des fins pratiques permettra peut-être de traiter les stomatocytoses déshydratées ou pourquoi pas d’autres pathologies. Difficile à anticiper aujourd’hui. Ceci dit, il ne me semble pas que ce soit le but ultime à attendre de la recherche en biologie même si c’est un de ses aspects très appréciable pour notre bien-être. »
Ses inspirations
« La curiosité, l’envie de comprendre sont mes principales sources d’inspiration. »
Récits de Chercheurs
Que vous apporte de parler de vos recherches au grand public ?
« Partager une passion, un moment agréable, l’espoir de nourrir l’envie de connaitre. »
Partager vos recherches avec les scolaires est-il (ou serait-il) un moyen efficace pour leur donner envie de s'intéresser aux sciences et pourquoi pas s'orienter vers les sciences ?
« Oui je pense que c’est un moyen de donner envie ou tout du moins de les encourager à poursuivre leur rêve. Mais c’est délicat, les difficultés liées à l’exercice de ce métier et les changements qui se sont opérés au cours des dernières décennies, ne nous encouragent pas à pousser des enfants dans un domaine où l’équilibre entre les sources de satisfactions et de plaisir d’une part et les déceptions et frustrations d’autre part, penchent vers ces dernières. »
Que diriez-vous à un collègue pour le convaincre de se lancer dans la médiation scientifique ?
« Qu’il est enrichissant de se confronter à d’autres environnements que le nôtre et qu’il est important de faire connaître la réalité de notre métier plutôt que ses fantasmes. »
Pensez-vous que les décideurs politiques pourraient davantage échanger avec les chercheuses et les chercheurs pour prendre certaines décisions ?
« Sans doute mais je ne suis pas très au fait de l’intensité des contacts entre les décideurs politiques et les scientifiques. Cela dit, l’expertise scientifique est une connaissance qui comme toute connaissance enrichit l’humanité et l’aide à prendre des décisions pour s’adapter au réel. Donc les politiques ont tout intérêt à considérer les expertises scientifiques comme une aide pour la prise de décision. »
L'objet d'Hélène Guizouarn
Pour sortir des sentiers battus, nous avons demandé à ce chercheur de choisir un objet emblématique de ses études.
Le résultat ? Une balance
« La balance, objet ne présentant pas d’attrait technologique particulier de nos jours, est très utile dans nos travaux pour mesurer avec précision le contenu en eau des globules rouges. Dans les laboratoires hospitaliers, des appareils sophistiqués permettent une évaluation indirecte du volume des globules rouges mais seule la pesée du culot de globule rouges humides puis sec permet de connaître la quantité d’eau qu’ils contenaient et de calculer avec précision la concentration des solutés et d’en déduire leur mouvement dans différentes conditions expérimentales ou pathologiques. Une simplicité irremplaçable. »